
Dans cet article
Fin 2025, je lançais la version web en bêta. Beaucoup m'ont demandé d'où venait l'idée. La vraie réponse : elle s'est construite sur trente ans de vie. Voici cette histoire.
L'écran comme première fenêtre sur le monde
Tout commence avec le bourdonnement d'un Amiga 500 chez un ami. Une porte d'entrée. La Mega Drive suit, Sonic devient mon quotidien. Et puis, vers mes dix ans, il y a la PlayStation. Il y a Final Fantasy VII. À cet âge, plonger dans un RPG aussi dense, c'est apprendre une langue étrangère. On ne joue plus : on vit une épopée.
En parallèle, chaque semaine, j'attends le facteur. L'abonnement à Spirou, ancré par mon père, complète les pixels par le papier. J'absorbe tout : écrans, bulles, histoires. Et en sixième primaire, la déferlante Pokémon. Ces cartes me donnent ma première leçon de valeur, de rareté et d'échange, sans que je le réalise encore.
La cour de récré comme premier marché
À l'adolescence, une rencontre change tout. Quelqu'un qui rêve d'ouvrir son commerce de CD et de jeux vidéo, et qui me prend sous son aile. En l'écoutant, quelque chose se déclenche : une passion peut devenir un métier. Je réoriente mes études vers la gestion et la comptabilité.
Je deviens son relais. Pokémon, Yu-Gi-Oh!, cartes rares : la cour de récré et les brocantes du dimanche sont mes premiers terrains de commerce. J'achète, je revends, j'apprends à négocier et à sentir la demande. Ce n'est pas de la collection, c'est du business. Et l'argent gagné finance ce qui compte vraiment : des jeux vidéo et des consoles.
À la fin de l'école, la collection est massive. Elle finit en caisses, en attente. Une autre passion s'apprête à prendre le relais.
Le développeur qui s'ignorait
La nuit, je démonte des PC, je répare des consoles. Je veux comprendre l'intérieur des machines, pas seulement les utiliser. Cette curiosité technique ne me quittera plus.
Entre 2010 et 2012, après mes journées de travail, je suis des cours du soir en maintenance informatique. Je consolide ce que j'avais appris seul à force de démonter et réparer. En 2012, je commence ma collection Marvel et je m'inscris dans la foulée à de nouveaux cours du soir : Développeur en Logiciel d'Entreprise. Comics et lignes de Java en parallèle. Ce n'est pas une parenthèse : c'est une fondation.
Un projet trop tôt
Je retrouve un ami graphiste. On lance une agence web, mais on veut notre propre produit. Une idée émerge : une vitrine en ligne pour collectionneurs, quelque chose de simple, bien loin de ce que sera Collect&Geek des années plus tard. Concours de start-up, immersion dans l'écosystème, un article dans Trends-Tendances. Sur le papier, tout s'aligne.
Après un an et demi, le projet meurt avant la bêta. Les aléas s'enchaînent, le timing n'est pas bon.
L'idée était juste. Elle était juste trop tôt. Le projet s'éteint. L'étincelle reste.
Le long détour
Les années suivantes sont un parcours en zigzag : le salariat, la stabilité apparente, puis en 2018 je me lance dans le commerce physique. En apparence, rien à voir avec la culture geek. En réalité, je fais exactement la même chose que depuis toujours : traquer le rare, sourcer à l'étranger, comprendre la valeur, structurer. Je gère un commerce comme une collection.
Quand le COVID frappe, le développeur en moi reprend le contrôle. En urgence, je code une boutique en ligne complète avec une solution de livraison 24h partout en Belgique. Le commerce s'en sort. Mais l'envie de construire quelque chose qui soit vraiment le mien ne lâche pas.
En 2024, je ferme le rideau. Ce n'est pas un échec spectaculaire. C'est une décision nécessaire.
Le reboot
Je m'inscris à une formation en création de contenu digital, presque par hasard. Exercice imposé : créer une société fictive pour un plan marketing. Instinctivement, je ressors le fantôme du projet abandonné. En le présentant, quelque chose se rallume. Une chaleur familière.
J'essaie de m'associer avec un développeur rencontré en formation. Ça ne prend pas. De mars à juin 2025, je suis seul avec l'idée. Mais cette fois, je ne fuis plus.
Je code l'outil que j'ai toujours voulu.
Six mois de marathon
Django le jour, Collect&Geek la nuit. Tester, casser, recommencer.
La base de données naît de ma collection Marvel, volontairement complexe : formats, numérotations, dates, produits dérivés, objets multi-collections. Si Collect&Geek sait tout gérer aujourd'hui, c'est grâce à cette exigence de départ. Un objet difficile à cataloguer rend la plateforme meilleure pour tout le monde.
Fin 2025, la bêta web ouvre ses portes. Ce moment clé est le point de départ d'une autre histoire. Mais il n'aurait pas existé sans tout ce qui précède : trente ans de pixels, de cartes, de figurines, de comptabilité, de code et de détours.
Rien n'a été inutile.
Et toi ?
Si une partie de cette histoire te parle, c'est probablement parce que tu es toi aussi du genre à avoir des caisses quelque part, une passion difficile à expliquer, et l'envie que ça prenne enfin la place que ça mérite. Collect&Geek est fait pour ça. Rejoins la communauté, c'est gratuit, et ta vitrine t'attend.